Chers lecteurs,
Tout d’abord, je m’excuse de ne pas avoir mis plus de
nouvelles sur le blog ces derniers temps, mais au moins, j’ai plein de choses à
vous raconter maintenant ;o)
Je crois qu’on s’en était arrêté au voyage aux Etats-Unis,
qui s’est d’ailleurs très bien terminé : nous avons passé d’excellentes
vacances, et je recommande ce périple à toute personne souhaitant découvrir des
paysages à couper le souffle. Et n’oubliez surtout pas d’aller sur les traces
de la ruée vers l’or (Sutter Creek entre autres) car les gens sont fort
sympathiques et les villages sont comme dans les films… nous avons même pris
une glace dans une épicerie d’époque : on se serait cru dans le magasin
des Olson, de la petite maison dans la prairie, en y ajoutant un piano qui joue
tout seul ! Incroyable !
Le vieux quartier de Sacramento est également très beau avec
ses trottoirs, ses saloons et autres maisons tout droit sortis de chez Lucky
Luke !
Après plus de 3000 miles parcourus aux Etats-Unis, nous
avons traversé le canada à bord des bus GreyHound, à croire qu’on n’avait pas encore
assez roulé ! Et nous avons pu mesurer l’immensité de ce pays qu’est le
Canada : 3 jours et 3 nuits non stop dans un bus. Départ vendredi matin
6h30 de Vancouver, arrivée lundi 11h à Montréal : on a eu le temps de se
reposer ;o) et au moins, notre portefeuille n’a pas trop souffert.
Arrivés sur Montréal le lundi 3 mars, nous avons retrouvé
Mireille et Bernard pour découvrir ce coin francophone d’Amérique du Nord. Bon,
le seul problème à Montréal, c’est qu’il neige beaucoup (notamment cette année
il semblerait) et l’hiver n’est pas vraiment l’idéal pour visiter ce coin si réputé
au printemps et à l’été.
Nous avons tout de même pu visiter Montréal et ses alentours
ainsi que l’une de ses fameuses cabanes à sucre où nous pensions passer une
soirée tranquille autour des produits à base de sirop d’érable. Et bien c’était
râpé : « chez Constantin », tout Montréal avait décidé de s’y
retrouver ce vendredi soir. Imaginez l’ambiance dans une salle de 800 couverts
où les serveurs ont déjà fait 3 services, avec DJ Patrick aux commandes de la
piste de danse, et repas typiquement québécois servi à volonté ! Après le
3ème dessert, nos petits estomacs étaient repus, mais nous avons
quand même trouvé une petite place pour une sucette au sirop d’érable, ce
qu’ils appellent de la tire sur neige : ils font chauffer du sirop
d’érable puis le déposent sur de la neige ; y’a plus qu’à prendre son
petit bâtonnet et se faire une sucette avec le sirop qui a durci… Mireille
maîtrise plutôt très bien cette technique, quelle gourmande !! ;o)
Samedi matin, nous prenons la route direction Mont Laurier,
à 250km au nord ouest de Montréal (et à chaque fois qu’on doit prendre la
voiture, ils annoncent une tempête de neige… à croire qu’ils prennent un malin
plaisir à jouer avec les nerfs de Mamizeille o ;), pour aller nous
ressourcer en pleine nature. Et oui, c’est notre raid tant attendu de 6 jours
en traineaux à chiens qui commence !
Avant le départ du dimanche, on en profite à fond à l’auberge
de Rêve Blanc où nous sommes extrêmement bien accueillis : le cadre est
magnifique et les chambres très confortables. Et sachant que pendant 1 semaine
il va falloir se passer des commodités habituelles, nous avons su faire honneur
au spa nordique installé en extérieur, et se rouler dans la neige entre 2 bains
est un défi que tout le monde a relevé, du moins en partie !
Après le briefing du chef (en gros, ça ne sert à rien de
prendre trop de vêtements car comme on ne peut pas se laver, il est inutile de
se changer), le réveil du dimanche matin est très agréable : il neige
toujours, et les chiens sont décidément bien parés à partir à l’aventure. Accompagnés
de notre 5ème luron (Gilbert, la 50aine, originaire de Paris), nous
allons donc donner un coût de main à notre guide Thibault (jeune homme de 21
ans très compétent en tout domaine) pour récupérer nos équipes de 6 chiens
chacune. Le 1er contact avec les chiens est très surprenant :
c’est vraiment impressionnant d’aller chercher les chiens un par un dans leur
niche parmi 100 autres chiens qui voudraient aussi partir en raid et nous le
font savoir en aboyant…
Une fois les chiens chargés dans la remorque, nous voici en
route vers la réserve faunique de Papineau-Labelle, où nous allons passer les 6
jours.
La préparation des traineaux est haute en couleur : il
faut atteler les chiens un à un après leur avoir mis le harnais et le faire le
plus rapidement possible pour qu’il n’y ait pas de bagarre entre les chiens.
Une fois qu’on est partis, tout est plus simple : il suffit de dire
« Hip » pour avancer et « Stop » pour s’arrêter. Bon ok,
dans les faits, si les chiens ont décidé de ne plus avancer, tu n’as qu’à
descendre de ton traineau et pousser ; et de même pour s’arrêter, s’ils ne
veulent pas, il faut mettre tout son poids sur le frein et espérer qu’ils vont
comprendre le message (en général, ça se passait plutôt bien !).
Après chaque belle journée passée en plein air, nous avions
bien mérité le confort du gîte ; même sans eau courante (nous allions la
chercher à la rivière ou dans le lac, après avoir fait un trou dans la glace,
bien sûr), la chaleur du poêle était toujours un réconfort. Mais le boulot ne
s’arrêtait pas à l’arrivée au refuge : après avoir installé les chaînes
pour les chiens, il faut les dételer et les y attacher pour la nuit, aller
couper du bois pour faire le feu dans le refuge, aller couper la viande
congelée et faire bouillir de l’eau (environ 50L) pour préparer la soupe pour
nourrir nos chiens et après cela, on peut enfin penser à faire à notre tour
notre soupe du soir !
Tous les midis, nous nous arrêtions sur les pistes pour
faire notre feu sur la neige : une équipe partait à la recherche des
écorces de boulot (notre papier journal naturel), une autre s’occupait de
couper le bois (nous prenions des bûches au refuge le matin) et de préparer le
feu, et la dernière de fabriquer le support pour poser la grille du BBQ. Je
félicite d’ailleurs Florent qui a passé son niveau 2 de baroudeur en forêt (notamment
pour la coupe des bûches en allumettes) sous les applaudissements de toute
l’équipe ! ;o)
Bien sûr, nous avons aussi eu le droit à de l’action au
cours de ce raid : entre les lâchés de traineau dont Bernard était devenu
le spécialiste ; le spectaculaire saut de traineau que je n’ai pas eu la chance
de voir (toujours par Bernard - bon ok, j’aurais fait le même si Thibault
n’était pas venu me rattraper) ; Mireille qui semblait prendre du plaisir
à rentrer dans les arbres (surtout le soir de la nocturne, en pleine
forêt) ; Thibault qui essayait de venir nous aider derrière et ses chiens
qui arrivaient à partir malgré l’ancre enfoncée dans la neige (il se retrouvait
donc à courir après ses chiens) ; Florent qui essayait des figures de
James Bond sur son traineau ; et Gilbert qui essayait de maîtriser ses
chiens avec des « C’est fini maintenant, c’est moi le chef ici » qui
ne semblait pas convaincre les principaux intéressés ; en fait il n’y
avait que moi qui restait à peu près tranquille ;o)
Samedi, nous avons repris la route pour Québec ville (toujours
sous cette « merde blanche » comme ils l’appellent par ici à la fin
de l’hiver et au grand désespoir de Mireille). Après visite de la ville
dimanche, Florent et moi nous sommes lancés à la recherche de notre nouveau
job. Et pour Florent, c’est tout gagné : il a commencé ce matin en tant
que plongeur/aide cuisinier dans un restaurant français. Quant à moi, j’ai
réussi mon principal boulot : faire travailler Florent et passer mon temps
à la bibliothèque pour vous écrire ce petit roman…
A bientôt !
Marie-Laure.
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