Bonjoir,
Les questions du Maroucze tombent à point, n'est-il pas temps de faire un premier bilan après ces 2 mois passés au Canada ?! Je ne vais quand même pas trop en faire, je reprends donc ses questions une à une, en brodant quelque peu malgré tout, ne vous en faites pas :)
- peut-on vraiment vivre au pays du cariboux sauvage en mangeant de la
baguette au nutella qu'une fois par an pour son anniversaire ?
Cette question est trop sensible, je ne peux commencer par là.
- est ce que vous avez fait d'enormissimes progrès en anglais ?
Malheureusement, on en fait toujours moins qu'on le souhaiterait, évidemment... Mais oui, globalement, on progresse.
Marie certainement plus que moi car elle passe ses journées avec collègues et clients dans le resto. Comme elle dit, maintenant, elle comprend quasiment toutes les commandes des clients du premier coup, sait les renseigner comme il faut et tout va du coup beaucoup plus vite. Elle se sent globalement beaucoup plus à l'aise et ne ressent plus l'espèce de timidité que l'on a forcément toujours au début en débarquant au milieu de cette gigantesque troupe d'anglophones.
De mon côté, les discussions avec les dizaines de secrétaires entrevues l'espace de 2 minutes et de mon dispatcher adoré restent, il faut le reconnaître un peu plus limitées. Il m'arrive encore de ne rien capter du tout à ce que me débite ce fameux dispatcher sur mon talkie. Pour l'anecdote, pas plus tard qu'aujourd'hui, il m'envoie 2-3 ordres de livraison (reçues en texte sur le téléphone-talkie) en plein centre-ville, centre-ville que j'étais sur le point de quitter pour Kitsilano par l'un des nombreux ponts joignant ces 2 grands quartiers. Je l'appelle et lui demande s'il se rendait compte que j'étais déjà bien loin d'où il voulait me faire retourner. Et là, ne vlà-t-il pas qu'il me dit "bla bla bla go bla bla bla bla come bla bla bla over the bridge" ?... Evidemment, je me permets de le demander de répéter, on ne sait jamais, il y avait peut-être quelque chose d'important dans son discours... Il répète, j'entends le même charabia. Ok "10-4 buddy" comme ils disent (en gros, je t'ai reçu 5 sur 5 mon pote, ya aucun souci) et en voiture Simone... avec la bénédiction du dispatcher ou pas pour la traversée du pont !! Donc, les progrès sont tout relatifs :))
Au final, on se dit que de toutes façons, on a quand même encore quelques mois et quelques autres jobs&activités en tout genre devant nous pour continuer à mettre tout ça au point :)
- faut il etre un ultime warrior pour passer 8h par jour sur une selle
ou meme un marcouze saurait apprecier la vie au grand air ?
Les premiers jours de coursiers feraient, je pense, tout drôles à quelqu'un qui ne fait jamais de vélo ou, pire, quelqu'un qui n'avait jusque-là que peu voire pas d'activité sportive. Maintenant, pour quelqu'un qui fait un tant soit peu de sport de temps en temps, non, rien d'insurmontable. Les coursiers ont tendance à parler effectivement de 8h de vélo par jour. N'éxagérons rien ! Je suis sûr qu'on passe autant de temps dans les ascenseurs que sur le vélo ! En gros, on doit faire 3 à 4 heures effectives de vélo par jour. Ok, c'est déjà pas mal, mais c'est quand même pas 8h non-stop ! Après, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'ultimes warriors à faire ce boulot. Eux ne passeront pas 8h sur le vélo non plus, mais feront 50 à 60 livraisons jours là où la moyenne pour un coursier standard est plutôt de 35 à 40. Ils se donneront à fond sur le vélo, optimiseront leurq trajets, utiliseront toutes sortes de raccourcis, gagneront pas mal de temps en cumulé en optimisant plein de petits trucs comme le cadenassage du vélo... Mais on en voit peu des comme ça. En général, les gars sont plutôt bien cool et n'hésitent pas à se prendre de bonnes petites pauses cafés, bien tranquilles, comme au bureau ;)
- est-ce que c'est sympa de gagner sa vie "à la cool" au pays du grizzli 'tochtones ???
Ca, c'est la vraie question bilan, non ? :)
Eh bien, pour un break, c'est un vrai break. Loin de nos petites chaises roulantes devant bureau et ordinateur, on découvre des métiers bien plus concrets dans un environnement et une culture différents des nôtres. Et quelle expérience de se retrouver quasi dans la peau de quelqu'un d'autre, être considéré complètement différemment par les autres (par rapport à ce à quoi on est habitué) et presque avoir tout à recommencer à chaque nouveau domaine rencontré ! Excellente remise en cause personnelle garantie ;) Je ne sais pas si je suis bien clair mais pour être plus explicite, une fois serveur ou coursier, qui plus est dans un monde anglophone, plus de diplôme d'ingénieur, d'expérience de chef de projet sur des projets à plusieurs M€, de tirades soutenues bien envoyées pour s'expliquer... Tu es là, tout seul devant ton chef, client ou autre protagoniste, à te dépatouiller avec tes 5-6 mots d'anglais, tes fautes de grammaire et surtout ta bien maigre expérience dans le domaine... En gros, c'est de la démerde au quotidien :) Si ça c'est pas valorisable ensuite pour retrouver du boulot en France dans 1 an - 2 mois ! :)
Alors comment ne pas recommander cette expérience à un ami ?! :)) Pour ceux qui en ont la possibilité et que ça tente, arrêtez d'en rêver et "just do it" comme ils disent ici :)
A bientôt tout le monde !
Florent
Ps : non, décidément, pour le Nutella, ce ne sera pas aujourd'hui. C'est encore trop dur pour moi pour en parler ! :)