19 juillet 2008, Prince Rupert, BC. Il est 15h, la pluie a
finalement laissé la place au soleil, même si celui-ci doit encore faire de
nombreux efforts pour se faire de la place parmi les nuages encore nombreux et
bien bas. Je ne vais cependant pas trop nous plaindre car depuis notre arrivée
dans la région de Prince Rupert –c’est-à-dire il y a près d’une semaine
maintenant- la pluie ne nous avait pas encore vraiment importunés. Or, c’est
quand même un pays à pluviométrie record… Avant de m’égarer, je rassemble mes
souvenirs pour vous donner nos dernières nouvelles. Accrochons-nous bien, il
s’en est passé des choses dites donc en une seule semaine. A croire que le
temps se contracte plus nous nous approchons du départ ?!
Je commence par l’épisode le plus haletant voire …
passionnant !… (oui, c’est vrai, on a dû levivre plus intensément de l’intérieur, mais
bon, je vous laisse juger).
Dimanche 13 juillet, Prince Rupert, BC. Flashback. Nous
voilà arrivés au bout de la route menant vers l’Ouest en Northern British
Columbia. Pour continuer notre trajet vers l’Ouest (îles Queen Charlotte) ou
repartir vers le Sud (île de Vancouver puis Vancouver), il n’y a pas d’autre
solution que le ferry. Compte tenu des prix élevés pour transbahuter la voiture
sur ces bateaux, notre meilleure option est de se séparer de notre engin
motorisé. Il faut de toute façon commencer à réaliser que nous ne pourrons pas
le ramener dans l’avion , dans lequel nous sommes censés embarquer dans
moins de 3 semaines. Tout concorde, c’est sûr,il faut se donner les moyens de la vendre ici à Prince Rupert. L’idée
est claire et même évidente. Maintenant, la réalité s’impose durement à
nous : comment vend-on rapidement un Chrysler Voyager de 223 700
bornes, bourré de valises et cartons en tout genre, dans une ville de
15 000 habitants, sans disposer de téléphone sur lequel vous faire appeler
et, pour couronner le tout, au même prix que celui auquel vous l’avez
acheté ? On met nos méninges en branle sans attendre :
-petites annonces locales sur papier ?
Renseignements pris, il existe un journal dans le coin, où l’on pourra
éventuellement poster une annonce dès le lendemain pour parution courant de
semaine. Bon, c’est noté, mais il faut essayer de trouver autre chose, plus
rapide peut-être.
-petites annonces locales sur Internet ? On poste
une annonce sur le fabuleux site de petites annonces Craigslist, avec lequel on
a tout fait, mais alors tout fait sur Vancouver (appart, boulot, vélos, …) mais
… sans trop y croire car autant chaque grande ville a son site spécifique,
autant Prince Rupert dépend plus ou moins du site de Prince George, à … 700km
de là. On poste également sur le site du journal local mais de nouveau sans
grand espoir car un numéro de téléphone local semble obligatoire pour la
validation de l’annonce…
-que nous reste-t-il ? Coller des annonces sur la
voiture elle-même (mais franchement, avez-vous déjà entendu quelqu’un vous dire
qu’il avait vendu sa voiture par le biais d’une annonce collée sur sa lunette
arrière ?...) et, peut-être mieux, en afficher sur tous les tableaux de
petites annonces des boutiques et bâtiments publics de la ville (bibliothèque,
piscine,…) ? Quoi qu’il en soit, on fait un petit peu de tout ça, toujours
sans plus y croire. Mais qui sait ? C’est sûr, en tout cas, ce n’est pas
en ne mettant aucune annonce nulle part qu’on la vendra, donc bon… (dixit
Marie !)
En faisant le tour des boutiques pour afficher notre petit
bout de papier, on nous indique un endroit près du centre-ville où les gens de
Prince Rupert qui cherche à vendre un véhicule, le gare pour en faire la
promotion en quelque sorte. Armée de ses nouvelles petites affichettes, notre
voiture est prête à y être exhibée dès notre pèlerinage dans la ville terminé.
Il est alors l’heure du premier bilan en se connectant à Internet. Eh oui, j’ai
oublié de le préciser mais faute de numéro de téléphone, c’est notre adresse
mail le contact que nous laissons sur nos annonces… Peu commun et pas forcément
pratique mais faute de mieux, on s’en contente !
Le premier bilan, devant une bière dans le pub du coin
disposant d’un accès WiFi, nous paraît fantastique (non, non, vous allez
voir, il l’était, la bière n’a pas altéré notre raison) : déjà 2 réponses
par mail ! Le premier se dit très intéressé après avoir vu l’annonce au
Safeway (équivalent Intermarché). Le deuxième encore plus intéressé après avoir
aperçu notre voiture sur son « parking-promotion ». Incroyable, ça ne
fait pourtant que quelques heures qu’on l’a mise en vente ! On s’empresse
bien évidemment de leur répondre en leur disant qu’on est du genre plutôt
(très) dispo et qu’on veut les rencontrer (au plus) vite. Le temps de finir
notre bière et -déjà prêts à fêter la vente- de s’en prendre une deuxième, nos
2 potentiels acheteurs auront déjà répondu et fixé un RDV pour le lendemain. Eh
bien… non, rien du tout. On rentre du pub bredouilles, aucune réponse, aucun
RDV pris pour le lendemain. C’est très tristement que nous nous garons sur
notre aire de repos pour la nuit, le long de la route reliant Prince Rupert à
Prince George et que nous y aménageons notre salon mobile pour une nouvelle
nuit sans frais :)
Lundi 14 juillet, Prince Rupert, BC. Aujourd’hui est un
nouveau jour, tous les espoirs sont de nouveau permis. Je lance à Marie :
« Et tiens, imagine qu’on soit sur le ferry ce soir pour les îles de la Reine Charlotte, voiture
vendue, parés à passer sans souci nos 2 dernières semaines au Canada ? »
Ok, c’était plutôt présomptueux et … si peu crédible. Les pieds sur terre,
enfin les roues sur le pavé, on prend la route du centre-ville, direction la
bibliothèque pour se connecter à Internet. Sur la fin du trajet, un gars nous
colle à moins de 3 mètres derrière et paraît (en tout cas à ce qu’il m’a
semblé) plutôt énervé derrière des bouennous de touristes qui n’avancent à rien
sur la route. A peine garés, le gars sort de sa voiture et se dirige vers nous.
On imagine déjà le discours. Mais non, on a tout faux : le mec s’était
juste rapproché de nous sur la route pour lire l’annonce… et paraissait tout ce
qu’il y a de plus zen en fait. Il nous explique qu’il est surpris par le prix
vu l’état général du véhicule. Il prend l’adresse email au cas où et disparaît.
Tout ça nous redonne encore un peu de baume au cœur en ce nouveau jour de vente
et nos idées se tournent de nouveau avec plus d’espoirs vers nos 2 acheteurs
hyper-intéressés de la veille.
Ils auront forcément répondu. On se connecte et là, on
comprend pas s’il y a eu un gros souci sur la connexion de Prince Rupert à
Internet depuis la veille mais, non, toujours aucune réponse. On saute sur le
téléphone pour communiquer de vive voix avec eux cette fois. Ca suffit, s’ils
sont si intéressés, pourquoi ne l’achètent-ils pas dans la minute ? C’est
que notre programme est très chargé ensuite, mince ! :) On échoue sur
le répondeur pour le premier. Une fois, deux fois,… On tente le deuxième :
j’arrive à le joindre mais là, tout d’un coup, je me demande si je suis tombé
sur le bon gars car il a de la peine à se rappeler de l’annonce dont je lui
parle. Après quelques efforts de ma part pour lui redonner le contexte, je suis
rassuré, j’ai bien affaire à la bonne personne. Par contre, je mesure le fossé
entre l’intérêt pour la voiture qu’on avait cru déceler dans le mail et celui
réellement porté au final. On prend cependant RDV pour l’après-midi, au fameux
point de RDV des vendeurs de voiture de Prince Rupert (le
« Parking-Promo »). Il est midi, le RDV est à 16h, cela nous laisse
peu de temps pour manger, ranger la voiture, la nettoyer, trouver un point de
chute pour le soir (dans l’éventualité où la vente se ferait, auquel cas nous
perdrions notre « camping-car ») et accessoirement un endroit où
stocker 2 de nos 4 énormes bagages pour plusieurs jours. Ne plus avoir de
voiture changerait effectivement considérablement la donne ! Après un
rapide repas, on toque à l’auberge de jeunesse du coin qui nous explique
qu’elle pourrait prendre en charge nos 2 gros sacs de 20kg en échange d’au
moins une nuit chez eux. Bon point. On vérifie également auprès du camping le
plus proche ce qu’il propose dans ce domaine. A-t-on bien fait d’y
aller ?! Le gérant nous reçoit comme des malpropres, nous donne des tarifs
beaucoup plus élevés que toutes les brochures touristiques que nous avons en
main, nous explique qu’il nous répondra s’il peut prendre en charge nos sacs
quand on aura vendu notre voiture seulement (cherchez pas le rapport, on n’a
toujours pas compris même une semaine après) et –c’est peut-être ça le plus
fort- inspecte de façon complètement désinvolte et méprisante notre voiture avant
de nous dire qu’on arriverait jamais à la vendre à Prince Rupert, où le taux de
chômage est de 50% et que quand on en aurait marre de pas réussir à la vendre,
on pourrait venir la lui proposer pour une bouchée de pain (on cherche à la
vendre à 900$, il nous fait comprendre qu’il ne mettrait pas de plus de 4 à
500$ dedans, qu’elle serait tout juste bonne à collecter les poubelles dans son
camping). Heureusement qu’on est partis car je crois qu’on allait lui péter la
gueule ! :)
On est repartis de là tout plein d’espoir comme vous pouvez
l’imaginer… Et ce n’est pas de grande gaité de cœur qu’on s’est attelé à la
tâche du nettoyage de la voiture. Toujours est-il qu’à 16h, nous voilà sur
notre fameux parking et l’on rencontre notre tout aussi fameux acheteur …
éventuellement potentiel disons. Et là, tout s’éclaire : le gars, plutôt
jeune, est manifestement intéressé par l’auto car pas chère mais il est sans le
sou. Il nous explique qu’il n’aura éventuellement les fonds qu’en fin de
semaine, si son patron daigne lui faire une avance sur salaire. Bien loin de
notre planning tout ça. Dans nos têtes, on voit déjà le ferry le soir quitter
le port de Prince Rupert pour les îles, depuis le parking du terminal
voyageurs, derrière le pare-brise de notre char... Mais là, c’est le coup de
théâtre.
En arrière-plan de notre discussion avec notre ex-futur
acheteur, une petite voiture rouge connue de vue mais on ne sait d’où se gare
et ses occupants attendent patiemment qu’on termine la discussion voire la
transaction avec nos clients. Celle-ci terminée, on découvre que le conducteur
de la voiture rouge n’est autre que … notre autochtone de la bibliothèque le
matin même. Il commence par s’inquiéter à propos du visiteur précédent, pensant
qu’on avait peut-être déjà fait affaire. Et alors là, quand on lui a appris que
rien n’était fait, c’est Marie et moi qui l’avons poussé à essayer la voiture
avant de l’acheter. Il était prêt à l’acheter tout de suite ! Test
effectué, nous voilà à Prince Rupert, 16h45, dans les locaux de l’assurance BC
à effectuer la transaction, remplir les papiers et remettre définitivement les
clés de notre fabuleuse et bien utile voiture à son nouveau propriétaire…
18h30, nos 2 plus gros bagages sont déposés à l’auberge de jeunesse, 19h30, on
a les billets pour les îles Queen Charlotte en main et à 21h, le ferry quitte
le port de Prince Rupert pour le large… Mais on est à son bord !! Qui
l’eût cru ?! :)
Je fais une toute petite pause et j’en profite pour
féliciter ceux qui ont eu le courage de lire un si médiocre et ennuyeux roman
jusqu’au bout. Bravo ! Parce qu’en plus, après tout, ce n’est que de la
vente d’une voiture dont il s’agit, non ?!...
Nos 4 jours de repos aux Queen Charlotte nous paraissent
bien mérités après toute cette énergie dépensée ces derniers jours… On se pose
dans un camping en bord de plage au sud de Queen CharlotteCity. Quelques courses dans le village,
farniente près de la tente et sur la plage, un jour paisible de kayak dans les
îles, le tout couronné par une petite fête locale juste avant de reprendre le
ferry pour Prince Rupert. Quelle vie hors du temps sur ces îles magnifiques, où
les gens nous ont accueillis si sympathiquement presque comme des locaux et non
de simples touristes. 4 jours très reposants !
De retour aujourd’hui (19/07) à Prince Rupert, nous
reprenons le ferry demain pour descendre vers le Sud, vers l’île de Vancouver,
à travers « l’Inside Passage ». On vous en dit plus dans quelques
jours !
Je crois qu’il va me falloir plus d’un message pour pouvoir
mettre en ligne toutes les photos des magnifiques paysages que nous avons
parcourus ces 3 dernières semaines… 20 photos, c’est trop juste, je n’arriverai
pas à me limiter ;o)
Les parcs nationaux Banff et Jasper des Rocheuses
Canadiennes ont une excellente réputation et je n’arriverai pas à la remettre
en cause, bien au contraire : c’est un coin magnifique, quasi à l’état
naturel !
Bon, ne nous laissons pas déconcentrés et reprenons au
début. Après être partis de la ferme le vendredi 13 juin, nous avons roulé en
direction de Calgary pour y pêcher notre 4ème visiteuse comme le
disait Flo dans son dernier message… et oui, on y a retrouvé ma grande sœur,
même pas fatiguée après plus de 13h de vol (en même temps, partie à 11h de
Paris, arrivée vers 16h30 à Calgary, la journée est loin d’être finie par ici,
pourquoi être fatiguée ?!).
Les premiers jours, nous en avons profité pour faire un tour
dans Calgary, ville nord-américaine où la population a gardé l’esprit cow-boy
(ranch, stetson vissé sur la tête, …) mais où il règne un arrière-goût de
pétrole. Nous avons notamment visité le parc olympique et une remarque nous a
tous traversé l’esprit en haut du tremplin pour le saut à ski : les
concurrents doivent toujours se demander s’ils se lancent ou pas mais une chose
est sûre, une fois lancé à pleine vitesse, impossible de changer d’avis, vue la
pente, le chasse neige ne serait pas vraiment efficace !
Nous avons ensuite pris la direction du parc « Kananaski’s
Country », au sud du parc de Banff, où nous avons profité des températures
printanières : autour de 3°C la nuit et un bon petit 10°C dans la journée…
heureusement, les nuits n’ont finalement pas été trop fraîches à 3 sous la
toile de tente, on arrivait à se réchauffer ! L’avantage, avec cette
météo, c’est que nous n’avons été envahis ni par les touristes, ni même par les
moustiques et avons pu profiter de paysages bien agréables au pied des Rockies.
Seul moment délicat : la vaisselle à faire dans un lac où l’eau atteignait
difficilement les 10°C… pas facile pour dégraisser, mais bon pour la
circulation, non ? Heureusement, le feu nous réchauffait bien comme il
faut !
Avant d’attaquer notre escapade dans les Rocheuses,
c’est-à-dire dans les parcs nationaux de Banff et Jasper, nous avons fait un
petit détour par Calgary où nous avons pêché notre 5ème visiteur (et
certainement le dernier), Alain-Pierre. Et hop, à peine est-il arrivé en
territoire canadien que nous voilà déjà sur la route direction Banff. Et oui,
voyez-vous, notre bolide bleu roule toujours, même après plus de 5 000
kms ! Notre Plymouth Grand Voyager fait désormais partie de l’aventure, et
y contribue très bien ma foi !
Au programme des 2 semaines ensemble, découverte des
Rocheuses, repas autour du feu (avec toutes les grillades et papillotes
imaginables), nuit en toile de tente dans les parcs nationaux, et bien sûr,
s’habituer aux Elks (Wapiti en français, cette sorte de cerf un peu bizarre),
écureuils, marmottes, orignaux, big horn sheeps (sorte de moufflon) qui
croisent régulièrement notre chemin.
Autour de la ville de Banff, nous avons exploré les lacs
Louise et Moraine, tous deux d’un bleu éclatant… comme si le fond était peint
en bleu clair : on aurait dit une piscine géante en plein milieu de la
forêt !
Un petit crochet par le parc national Yoho (rapide escapade
en Colombie Britannique, notre province d’accueil, avant de retourner en
Alberta) pour y voir (de loin malheureusement) le Burgess Shale, site mondial de
l’Unesco qui regroupe un bon nombre de fossiles.
Et hop en voiture pour Jasper, via la « Icefields
Parkway ». Il s’agit d’une route magnifique, route à partir de laquelle on
peut voir le plus grand nombre de glaciers au monde ! Nous avons même pu
faire une marche guidée sur le glacier Athabasca… plutôt impressionnant de se
balader au dessus de 70m de glace… où l’eau ruisselle puis se glisse dans des
crevasses ! Ce n’était pas le moment de faire un faux pas ;o)
Arrivés sur Jasper le 30 juin, nous n’avons pas chômé pour
les derniers jours qu’il nous restait avec Kékile et AP : une bonne rando
de 1400m de dénivelé positif à l’aller et négatif au retour au mont Whistlers
(vue magnifique sur la vallée de Jasper) nous a fait de jolies jambes ; et
une petite balade en barque sur le lac Maligne nous a musclé les bras ; et
sans compter les footing matinaux… nous sommes fin prêts pour enfiler les
maillots de bain à Quiberon au mois d’août !
Anne-Cécile et Alain-Pierre sont maintenant partis retrouver
une vie un peu plus normale, et nous voici de notre côté en route vers de
nouvelles aventures. Merci d’être venus nous voir, on a vraiment passé du bon
temps tous ensemble… Et je suis déjà à la recherche de mon argumentaire pour
nos prochaines discussions très intéressantes autour du feu ;o)
Bon, allez les Jeglain, on ne se laisse pas dépiter par le
départ de nos hôtes, encore tout juste 4 semaines de plaisir au Canada pour
nous ! D’ailleurs, dès le vendredi 4 juillet (bonne fête Florent, et bonne
fête au Jeglain), nous avons fait un petit tour aux sources d’eau chaude de
Miette, dans le nord du parc Jasper. Quel bonheur de se prélasser dans une eau
à 40°C : un bain géant, avec en fond d’écran, la montagne à l’état naturel
à perte de vue !
Depuis, nous avons quitté Jasper et pris la route vers
Prince George où nous sommes encore aujourd’hui, jeudi 10 juillet. Et nous
continuons tranquillement notre chemin vers l’ouest pour rejoindre Prince
Rupert, sur la côte pacifique.
Le programme des prochaines semaines est assez vague pour le
moment : on verra bien où le vent nous portera, mais une chose est
sûre : c’est l’avion qui nous portera jusqu’en France le 1er
août ! ;o)
Aïe aïe aïe, que de temps sans nouvelles de notre part… A
notre décharge, très peu d’accès Internet depuis plus d’un mois… Voici quelques
nouvelles –plus très fraîches on vous l’accorde, mais bonnes cependant- de
la première quinzaine de juin.
Petit flashback sur ces 2 semaines hors du temps. Arrivée le
dimanche 1er juin au soir aux portes de l’Okanagan Valley (à
mi-chemin entre le Pacifique et les Rocheuses, à quelques kilomètres de la
frontière avec les Etats-Unis (Idaho/Montana)). On découvre notre point de
chute pour 2 semaines : une petite ferme organique (= biologique) posée au
bord de la rivière Similkameen (sur la commune de Cawston).
Juste pour vous donner le contexte, l’idée est de travailler
dans la ferme environ 5h par jour, 6 jours sur 7, contre le logement et la
nourriture comme seules rétributions.
Pour décrire succinctement la ferme et son domaine : il
s’agit d’un peu moins de 10 hectares cultivables, dont environ 5 cultivés
simultanément chaque année, produisant essentiellement des courges et des
concombres, 1 petite maison servant à la famille et 3 petites cabanes (cabin en
anglais) juchées sur la petite falaise dominant la rivière. L’une des 3 est
précisément notre nid douillet pour 2 semaines. J’arrête là la description, les
photos parleront pour moi.
Nous sommes accueillis par Sarah, notre hôte, super
cool ! Elle nous présente notre fameuse petite « cabin » en bois
et on se met au boulot immédiatement dès notre arrivée le dimanche soir :
pose de plastiques sur l’un des champs (pour pouvoir ensuite planter les
boutures) et ce, sous la pluie messieurs dames ! On ne ronchonne pas, on
fait comme si on était habitués :). Puis c’est notre premier repas avec
tout le monde. Oui, oui, tout ça dès le dimanche soir. On ne pouvait pas rêver
de mieux, on mange avec Sarah et Karl (son compagnon), leurs 2 enfants et un
autre Wwoofer (c’est notre petit nom là-bas : en gros, ça signifie
travailleur en ferme biologique sans rémunération) français lui aussi. Et hop,
nous voilà intégrés !
La semaine débute ensuite dans la foulée avec le petit
rythme de croisière qui durera nos 15 jours : environ 3-4h de boulot le
matin (à partir de 10h), grande pause l’après-midi, puis 2 à 3h de travail
après 17h. Outre la pose de plastiques, on plante les courges, ramasse les
concombres dans la serre, prépare les champs (ramassage de milliards de cailloux
entre autres). Je pense qu’on peut se dire parés pour entretenir notre propre
petit jardin de retour en France :)
A part ça, quel bien ça fait d’être autant coupés du monde
pendant 2 semaines : pas de courses, pas de loyer,… aucune notion d’argent
finalement et intégration complète dans une vraie famille canadienne, bien
sympa de surcroît. Bien loin de la vraie vie, enfin de notre vie habituelle
disons… Ca fait pas de mal d’être là juste … pour vivre tout simplement !
Que vous dire d’autre ? Ah ben oui, évidemment ! Petite
sortie à vélo un après-midi, dans la réserve indienne en face de notre cabin,
sur l’autre rive de la rivière Similkameen. On avançait gaiement le long de ce
qui ressemblait à un pâturage pour les vaches… Quoi de plus naturel donc que de
voir une vache assise là dans le champ, près du chemin, à brouter de l’herbe.
Une seule vache, sans clôture, avec un pelage … d’OURS !!! Un peu plus et
on passait à moins de 3m de lui sans s’en rendre compte… Il nous a finalement
repéré, a fait semblant de nous ignorer dans un premier temps, mais a
finalement décidé de détaler… 2ème ours en vrai (comprenez sur un
chemin et pas sur la route) en moins d’une semaine… Parce qu’une balade à pied
en route vers la ferme nous en avait déjà fait la surprise quelques jours
auparavant… Incroyable !
Au final, les 2 semaines sont passées en un éclair. Vendredi
13 juin, on reprend la route après cette nouvelle expérience qui nous donnerait
presque envie de cultiver nous-mêmes à notre retour.
Et maintenant, direction Calgary, pour aller pêcher notre 4ème
visiteuse…
Après ma tante Mimi et l’oncle Nanard, puis mes parents qui
ont débarqué au Québec, voici l’épisode avec nos amis Sévriens en vacances en
Colombie Britannique. Et oui, il s’agit d’Anne-Cécile et David ! Pour enlever
toute source de confusion, je tiens à préciser qu’il ne s’agit ni de ma sœur,
ni du frère de Florent, bien entendu ;o)
Samedi 17 mai, 15h : Florent, moi et notre voiture
flambant neuve (du moins pour nous !) étions parés à accueillir nos 2
français pour près de 2 semaines de folie. Et ça n’a pas raté : plus de 1000 kms parcourus le long
de la sunshine coast et sur l’île de Vancouver (sans même que la voiture n’ose
montrer des signes de faiblesse, malgré l’attention portée par Florent), 4
trajets en bateau British Ferries, pas moins de un BBQ chaque jour dans un parc
provincial différent et sans oublier la vie animale très présente de jour comme
de nuit ! D’ailleurs, je crois que j’ai bien quelques histoires
rigolotes à vous faire partager.
1. Les filles s’occupent du feu
Et oui, fini le temps où les filles s’occupent de la
vaisselle et d’installer les duvets ! Désormais, Anne-Cé et moi sommes des
spécialistes du feu : quelques feuilles de journal au fond, de la fougère
séchée par-dessus, du petit bois tendre et c’est parti ! Bien sûr, il ne
faut pas oublier de mettre à préchauffer les buches sur la grille en attendant
de les mettre au feu à leur tour (technique Dd approuvée par tous :o). Bon, c’est vrai qu’on a failli perdre notre souffle et même
s’asphyxier pour notre premier feu, mais le résultat n’était pas si pire ! Et conseil de Mamie Laure : une bon feu chaque soir,
c’est important pour pouvoir manger sainement : entre belles pièces de
bœuf (on a réussi à s’enfiler plus d’un kg de viande à 4 certains soirs), du
bacon, de bons burgers, et bien sûr, pommes de terres, oignons et carottes en
papillote, nos estomacs se sont fait plaisir !
2. Le serpent
Habituellement lors de nos balades en forêt, Dd et Florent
tentaient désespérément de nous faire peur en jetant des cailloux ou autre bout
de bois dans les fourrés pour nous faire croire qu’il s’agissait d’un ours,
puma, lynx, enfin, tout ce que l’on peut trouver par ici… mais cette fois-ci,
non loin du lac Comox, il était bien là : le serpent aux mille couleurs
fluorescentes. Florent m’a stoppée net de peur que je ne marche dessus et
heureusement car il était peut-être méchant ;o) Certains racontent que le serpent a essayé de nous attaquer,
d’autres qu’il est parti sans encombre…
3. L’ours
Ah ça pour sûr, on en a vu des ours noirs, ou bien des Guinness
(« black bear » avec l’accent français donne souvent « black
beer », ce qui signifie bière noire !… mais je ne dévoilerai pas qui
est à l’origine de cette blague ;o)), en particulier lors de notre balade
à Bamfield, sur l’île de Vancouver. En fait, Bamfield est une petite ville
perdue sur la côte ouest de l’île (et fait donc face à l’océan pacifique),
accessible en voiture après 85km de route non goudronnée, où nous nous sommes
rendus… en bateau, histoire de ne pas casser la voiture dès la 1ère
semaine ! Et sur le chemin, on en a vu des ours noirs ! La plupart
d’entre eux étaient sur la côté pendant que nous étions en mer mais
soudainement, à un endroit certainement plus étroit, l’un d’entre eux a réussi
à se faufiler sur le bateau. Heureusement, encore une fois, Dd et Flo étaient
là et après plusieurs minutes de combat intense, ont réussi à jeter l’ours noir
par-dessus bord ! OUF !
Bon ok, c’est peut-être un peu romancé, mais c’est bien issu
vaguement d’un fait réel !
4. Les baleines
Je vous avais bien dit qu’on en avait vu des animaux
sauvages : après les cerfs de Virginie qui se baladaient partout, même sur
nos emplacements de camping alors que nous mangions, les chouettes rayées qui
se racontaient leur vie toute la nuit, les aigles et les écureuils, cette
fois-ci, c’est nous qui sommes partis à la rencontre des baleines.
A bord d’un zodiac grand modèle (rien que pour nous 4 s’il
vous plaît) et avec notre guide Simon, nous avons quasiment parcouru l’île dans
toute sa longueur pour y rejoindre un groupement d’orques :
extraordinaire ! La vidéo parle d’elle-même je pense ! On a même eu
le droit aux acrobaties de l’un des orques du groupe, c’était super !
Mais ce qui a été le plus rigolo, ça a bien été la pause
pipi à bord du zodiac… qui n’avait pas de toilettes ! Et ça a bien fait
marré notre guide quand il nous a donné (aux filles je veux dire) sa bouteille
d’eau coupée en deux… enfin, pour les gars aussi, il y avait de l’animation,
car la mer n’était pas si calme et le vent était de la partie… je vous laisse
imaginer, surtout emmitouflés comme on était dans nos belles combinaisons
rouges !
Et voici la fin de l'épisode croustillant : Anne-Cé et Dédé sont partis jeudi 29 mai et depuis, nous
revoilà livrés à nous-même ;o) En attendant l’arrivée de Kékile le 14 juin, nous en
profitons tout de même bien dans une ferme organique où nous travaillons en
échange de l’hébergement et la nourriture ! Parfait pour notre compte en
banque ;o)
Florent vous racontera tout cela dans les jours à
venir !
Grand temps de retourner vers l’Ouest comme disait Marie à
la fin du précédent message… Mais c’est pas un peu trop court comme voyage de
retourner directement vers l’Ouest ?... 72h de bus seulement pour un
Montréal-Vancouver, du déjà vu, défi déjà relevé. Allez, on peut se permettre
un petit détour quand même. C’est pas comme si on était dans le coin que pour 2
semaines de congés !
On s’est finalement posé quelques jours sur Montréal pour
préparer tout ça après le départ de nos 2 illustres cantepiens. Et nous voilà
finalement au guichet Greyhound pour acheter un billet de bus :
Montréal-New York-Chutes du Niagara-Toronto-Vancouver… Ok, pour un rallongis,
c’est un rallongis… Mais c’est finalement sans regret !
Retour rapide sur cette « petite » escapade. On
quitte Montréal le samedi 3 mai au soir, nuit dans le bus, réveil au petit
matin au cœur de… Manhattan. Impressionant ! C’est comme dans les
films : tout est énorme, ça klaxonne partout, la vie bouillonne dans tous
les sens à n’importe quelle heure,… C’est tellement grand qu’on décide de
découvrir la ville sur 3 jours à l’aide d’un bus touristique (embarquant un
guide, nous dispensant quelques explications sur ce que l’on voit). Le plus
marquant sur ces 3 jours, pour moi : le nombre d’étages moyen des tours,
proche de 80-90(la tour Montparnasse
serait perdue au milieu de NY !) sachant qu’il y en a des dizaines et des
dizaines… La « skyline », c’est-à-dire la vue des gratte-ciels à
distance, tout particulièrement de nuit, depuis Brooklyn ; et enfin, la
pollution… Le smog, c’est sûr, là, on n’a pas pu le manquer…
Bien contents au bout de 3 jours de quitter
« la grosse pomme », on prend la direction de Niagara Falls
(côté canadien) le mardi 6 mai au soir. Réconfort au passage de la frontière au
petit matin : il n’y a pas à dire, qu’est-ce qu’on se sent mieux au Canada
qu’aux Etats-Unis… Ca commence par le chauffeur Greyhound, canadien, qui prend
le volant juste avant la frontière : enfin un chauffeur agréable et bien
sympathique. Même pas sûr que la sympathie réunie de nos 5 derniers chauffeurs,
américains pour ne pas le préciser, arrive au même niveau… Et ne parlons même
pas des douaniers américains par rapport aux canadiens… Leur apprendre à être
méchant inutilement doit être la principale préoccupation des formateurs des
douanes aux US… Ca en est ridicule parfois. Bon, c’était pas le tout de
critiquer avant, sans savoir. Maintenant on sait. Ciao les US, re-bonjour le
Canada ! Et quelle région que celles des chutes… Elle mérite bien
leur renommée, et ce, malgré le mini Las Végas teinté de foire du trône qui est
venu se greffer tout à côté. Les chutes du Niagara gardent leur splendeur et
leur environnement immédiat est particulièrement bien aménagé.
On part vers Toronto dès le jeudi midi (8 mai). Visite
rapide du centre-ville et apéro à 350m du sol, dans la tour CN. Bonne
impression au final de la ville (au moins du centre-ville, car on n’a pas
vraiment eu le temps de visiter plus) et on retrouve un peu de l’ambiance du
Québec (Montréal en particulier) dans une ville pourtant bien anglo-saxonne.
Les gens y parlent également plus volontiers et facilement le français par
rapport à Vancouver.
Ceci dit, voilà déjà près de 2 mois et demi passés dans
l’est, il est quand même grand temps de repartir vers notre port d’attache,
enfin gare routière d’attache : Vancouver ! On se met donc en route
pour … 66h de bus et… 12 chauffeurs consécutifs. Quel plaisir de retrouver les
mêmes étendues qu’à l’aller à la différence que cette fois-ci, il n’y a plus de
neige nulle part et que le printemps commence à se montrer sérieusement un peu
partout. Une fois les Rocheuses passées, il n’y a même plus aucun doute :
le printemps est déjà installé depuis pas mal de temps ! La différence
entre l’ouest et l’est des Rocheuses est réellement saisissante !
A peine débarqués à Vancouver, nous retournons aux
sources : auberge de jeunesse Jericho Beach, à savoir l’hébergement de
notre toute première semaine au Canada en septembre…D’ailleurs, un peu plus et
on nous mettait exactement dans les mêmes lits qu’il y a 8 mois ! :)
Après les quelques instants de nostalgie suite à ces retrouvailles émouvantes
avec nos lits superposés, on se lance dans notre principale mission de la
semaine : trouver une voiture pour les 2 prochains mois et demi. Location
ou achat ? Renseignements pris auprès d’un assureur et après un coup d’œil
sur le marché de l’occasion, on a plutôt intérêt à prendre le risque d’acheter
une vieille voiture pas trop chère et de l’assurer au tiers plutôt que d’en
louer une. Après 3 jours de recherche sans relâche, de négociations acharnées,
nous voici ce soir propriétaires d’un énorme Chrysler Voyager rallongé, équipé
d’un moteur V6 3L, et … qui roule encore malgré ses 217 000 km au
compteur. Le tout pour 900$. Maintenant, on espère qu’elle tiendra jusqu’au
bout !
Une nouvelle étape de notre voyage commence demain (samedi 17
mai) : 2 amis parisiano-boulonnnais-tourangeau débarquent et on va en
profiter pour visiter ensemble Vancouver, la Sunshine Coast (les
100km de côte au Nord de Vancouver) et une partie de l’île de Vancouver. Le
beau temps et la chaleur étant de retour, les auberges de jeunesse devraient
laisser leur place au camping pour les nuits à venir le long de ce
périple !…
Des nouvelles, des nouvelles ! Ben ok, vous allez en
avoir alors des nouvelles ;o)
Ne vous inquiétez pas, nous n’avons ni péri dans l’incendie
du manège militaire de Québec, ni été congelés dans l’un des nombreux lacs du coin,
ni même écrasés entre deux plaques de glace du Saint Laurent… et ben non, on
était tout simplement en … vacances !
Après 3 semaines passées à travailler chez Olympus, où on a
eu ben du fun, il faut l’admettre, on a décidé qu’il était temps de s’octroyer
quelques jours de vacances enfin euh quelques semaines enfin euh non, quelques
mois en fait !
Notre mission pour Adecco (j’imagine déjà les québécois se
marrer en entendant le mot « mission » employé dans ce cas : ils
nous imaginaient en casques bleus, ce qui nous a donné de bonnes crises de fou
rires !) s’est très bien passée : on a rencontré des gens très
sympas, fait du covoiturage avec nos collègues et même participé à un 5 à 7,
comprenez aller boire un verre après le boulot avec les collègues de la boîte,
et on a même réussi à économiser 2-3 sous pour nos vacances, que demander de
mieux ?!?
Lundi 14 avril, comme d’habitude avant le départ, c’était un
peu le grand rush dans l’appart : comment faire rentrer autant de chose
dans nos sacs ?!? Si c’était à refaire, on aurait suivi les conseils de
Cédric de Chantepie, à savoir ne pas amener trop de choses au cas où, et
réfléchir en mode « je vais me balader pendant un an avec tous mes
sacs… » !
Mardi 15, c’est le grand jour : je retrouve mes parents
que je n’ai pas revu depuis 7 mois ! Que d’émotions ;o)
Après une petite halte à Montréal pour découvrir la ville et
permettre à JM&Cath de récupérer du décalage horaire, nous voici de nouveau
sur la route, mais cette fois-ci en motorisé enfin, en véhicule récréatif, euh
non, enfin vous avez compris, en camping-car bien sûr. Quand on a découvert
l’engin, Flo et moi, on s’est demandé si c’était une blague : c’est
immense pour 4 ! Et puis finalement, après quelques jours, on a du
s’américanisé, car il ne nous paraissait plus si grand que ça.
Pendant les 2 semaines passées avec mes parents, on a
profité au maximum des beautés du Québec et de ses alentours. Nous sommes
d’abord descendus vers Ottawa (en Ontario), capitale du Canada pour rejoindre
ensuite la région des Mille Iles du côté de Rockport. Le quatrième jour a été
riche en kilomètres (et en litres d’essence consommés… car à 25L au 100km,
c’est un engin qui a toujours soif !) pour remonter à Québec ville. La
neige ayant presque fondu, nous avons même pu nous balader sur les sentiers du
parc des champs de bataille, toujours avec une vue magnifique sur le Saint
Laurent qui a fini par perdre ses glaçons.
Avant de remonter vers le nord le long du Saint Laurent,
nous avons profité de la chute Montmorency ainsi que de l’île d’Orléans, qui
reprenait tout doucement son activité principale : l’agriculture
(impossible jusqu’alors suite aux 5,50 m de neige qu’ils ont eu cet hiver).
Arrivés à Tadoussac, où les baleines n’étaient pas encore là malheureusement,
nous avons continué en remontant la rivière Saguenay-Saint Laurent, magnifique Fjord
qui part du Lac Saint Jean pour se jeter dans le Saint-Laurent à Tadoussac. Sur
cette route, près de Chicoutimi, les sentiers de la batture étaient tellement
accueillants que nous y sommes restés dormir parmi les bernaches, ces fameuses
oies du Canada qui migrent par là-bas pour le printemps. Quant au Lac Saint
Jean, impossible de s’y tremper les pieds : l’immensité de glace blanche
était très impressionnante.
Après ça, nous sommes descendus par l’une des seules routes
traversant la Mauricie
du Nord au Sud vers Trois-Rivières. Pour vous donner un aperçu de cette route
magnifique, je pense que ces 3 mots suffiront : arbres, lacs et
écureuils ! En cours de route, on en a profité pour faire un petit tour en
hydravion et survoler le parc de la
Mauricie et ses alentours. Impressionnant !
Lundi 28 avril, nous sommes allés à Victoriaville rendre
visite à Danielle et Gérard (ami d’enfance de mon Papa), tous deux originaires
du coin de Pontivy et expatriés au Canada depuis plus de 40 ans. Nous avons
passé une superbe soirée avec eux et le lendemain matin, Gérard nous a fait
découvrir son activité : la culture de canneberges, vous savez, ces
petites baies rouges appelées cranberries en anglais. Et bien en tout cas, on
en aura appris des choses sur ce petit fruit : visite guidée des champs,
explication des techniques de production, …
Peut-être que si ça pousse en Bretagne, on peut tenter notre
chance dans ce domaine à notre retour, non ?!?
Mercredi 30, de retour à l’aéroport de Montréal après avoir
abandonné notre véhicule, mes parents sont rentrés vers Chantepie, avec pleins
de souvenirs en tête. Nous avons passé de très bonnes vacances en leur
compagnie et le motorisé au Québec, c’est vraiment le pied pour visiter !
Et voilà encore une étape de notre périple qui touche à sa
fin :~(( Mes parents sont partis et notre voyage a déjà bien avancé :
voici déjà 8 mois que nous avons quitté la France !
Plus que 3 mois à passer sur le territoire canadien… il est
temps de retourner vers l’Ouest, notre terre d’accueil !
Après ma première journée de boulot, j’ai découvert comme
vous la fin du message de Marie… La sanction a été immédiate : j’ai dit ciao à mon employeur le soir
même :). Ok, j’en rajoute un peu, sauf pour la conclusion… Bien joli le
p’tit resto cuisine française, mais le chef cigarette au bec toute la journée,
pas de tâches bien établies pour chacun et pas vraiment une ambiance du
tonnerre en cuisine ; ah oui, j’en oublie les … 8$ de l’heure. Donc, non,
vraiment, je ne me voyais pas forcément y retourner le lendemain, d’autant plus
en voyant que Marie croyait avoir réussi « un coup » :).
Ceci dit, elle en a quand même réussi un autre
finalement : de retour de ma journée au resto, elle m’annonçait
victorieuse qu’Adecco nous proposait un poste à 12$/h suite à l’entretien que
nous venions de passer le matin même. Tous les deux, au même endroit, pour
faire de la saisie de données informatiques. L’aubaine après ce coup d’épé dans
l’eau pour moi au resto et pour Marie qui n’avait encore rien trouvé pour
gagner quelques deniers ! En plus, début de mission prévue au 25 mars,
c’est-à-dire le lendemain du lundi de Pâques (férié ici aussi), ce qui nous a
permis de passer les derniers jours de nos marcoussissiens en leur
compagnie !
Depuis (depuis plus d’une semaine maintenant donc), nous
voici chez Olympus NDT (filiale d’Olympus, le fabricant d’appareil photos) dans
le parc technologique de Québec. Evidemment, saisir des données n’est pas bien
plus excitant que nous l’imaginions :~) Mais dans le fond, c’est quand
même ben du fun dans notre petite équipe d’une couple de cheums. Et pis on peut
pas dire qu’on a de la misère avec le boss par exemple. Ah oui : on a même
le lift avec une de nos collègues qui nous amène dans son char tous les
matins ! Taberouette ! Vous m’aurez compris : même si on devient
complètement barjots à fixer notre écran sur des tas de données tous les jours,
on se marre bien avec tous nos petits collègues québécois. Fous rires fréquents
garantis :)
Et sinon, en dehors du boulot : c’est un petit peu de
bibliothèque par-ci pour avoir un peu d’Internet, un peu de visite des
alentours par là. On est plutôt bien placé pour ça d’ailleurs car notre beau
petit studio est au beau milieu du Vieux-Québec – oui, au fait, on a quitté
notre spacieux appartement depuis le départ de nos 2 hôtes de marque :) .
Le seul truc maintenant, pour qu’on découvre plus de choses, ce serait qu’il
s’arrête de neiger et que le dégel fasse son arrivée… Il y a encore tellement
de neige partout et des températures encore négatives qu’il y aurait encore de
la neige partout fin juillet qu’on ne serait pas plus surpris que ça… Les québécois
ressentent ça aussi mais puissance 10. Ah on le saura que cette année le record
de hauteur de neige a été pulvérisé… 5,50m !! Contre 2,50m en moyenne par
hiver… Ils nous promettent des inondations quand ça va commencer à dégeler
sérieusement courant avril… Affaire à suivre ! :)
Au programme maintenant, encore quelques jours de travail
passionnant sur ordinateur puis découverte plus complète de la province en …
RV ! enfin en … VR ! Enfin, plutôt en … camping-car quoi ! Avec
les parents de Mademoiselle :)
Tout d’abord, je m’excuse de ne pas avoir mis plus de
nouvelles sur le blog ces derniers temps, mais au moins, j’ai plein de choses à
vous raconter maintenant ;o)
Je crois qu’on s’en était arrêté au voyage aux Etats-Unis,
qui s’est d’ailleurs très bien terminé : nous avons passé d’excellentes
vacances, et je recommande ce périple à toute personne souhaitant découvrir des
paysages à couper le souffle. Et n’oubliez surtout pas d’aller sur les traces
de la ruée vers l’or (Sutter Creek entre autres) car les gens sont fort
sympathiques et les villages sont comme dans les films… nous avons même pris
une glace dans une épicerie d’époque : on se serait cru dans le magasin
des Olson, de la petite maison dans la prairie, en y ajoutant un piano qui joue
tout seul ! Incroyable !
Le vieux quartier de Sacramento est également très beau avec
ses trottoirs, ses saloons et autres maisons tout droit sortis de chez Lucky
Luke !
Après plus de 3000 miles parcourus aux Etats-Unis, nous
avons traversé le canada à bord des bus GreyHound, à croire qu’on n’avait pas encore
assez roulé ! Et nous avons pu mesurer l’immensité de ce pays qu’est le
Canada : 3 jours et 3 nuits non stop dans un bus. Départ vendredi matin
6h30 de Vancouver, arrivée lundi 11h à Montréal : on a eu le temps de se
reposer ;o) et au moins, notre portefeuille n’a pas trop souffert.
Arrivés sur Montréal le lundi 3 mars, nous avons retrouvé
Mireille et Bernard pour découvrir ce coin francophone d’Amérique du Nord. Bon,
le seul problème à Montréal, c’est qu’il neige beaucoup (notamment cette année
il semblerait) et l’hiver n’est pas vraiment l’idéal pour visiter ce coin si réputé
au printemps et à l’été.
Nous avons tout de même pu visiter Montréal et ses alentours
ainsi que l’une de ses fameuses cabanes à sucre où nous pensions passer une
soirée tranquille autour des produits à base de sirop d’érable. Et bien c’était
râpé : « chez Constantin », tout Montréal avait décidé de s’y
retrouver ce vendredi soir. Imaginez l’ambiance dans une salle de 800 couverts
où les serveurs ont déjà fait 3 services, avec DJ Patrick aux commandes de la
piste de danse, et repas typiquement québécois servi à volonté ! Après le
3ème dessert, nos petits estomacs étaient repus, mais nous avons
quand même trouvé une petite place pour une sucette au sirop d’érable, ce
qu’ils appellent de la tire sur neige : ils font chauffer du sirop
d’érable puis le déposent sur de la neige ; y’a plus qu’à prendre son
petit bâtonnet et se faire une sucette avec le sirop qui a durci… Mireille
maîtrise plutôt très bien cette technique, quelle gourmande !! ;o)
Samedi matin, nous prenons la route direction Mont Laurier,
à 250km au nord ouest de Montréal (et à chaque fois qu’on doit prendre la
voiture, ils annoncent une tempête de neige… à croire qu’ils prennent un malin
plaisir à jouer avec les nerfs de Mamizeille o ;), pour aller nous
ressourcer en pleine nature. Et oui, c’est notre raid tant attendu de 6 jours
en traineaux à chiens qui commence !
Avant le départ du dimanche, on en profite à fond à l’auberge
de Rêve Blanc où nous sommes extrêmement bien accueillis : le cadre est
magnifique et les chambres très confortables. Et sachant que pendant 1 semaine
il va falloir se passer des commodités habituelles, nous avons su faire honneur
au spa nordique installé en extérieur, et se rouler dans la neige entre 2 bains
est un défi que tout le monde a relevé, du moins en partie !
Après le briefing du chef (en gros, ça ne sert à rien de
prendre trop de vêtements car comme on ne peut pas se laver, il est inutile de
se changer), le réveil du dimanche matin est très agréable : il neige
toujours, et les chiens sont décidément bien parés à partir à l’aventure. Accompagnés
de notre 5ème luron (Gilbert, la 50aine, originaire de Paris), nous
allons donc donner un coût de main à notre guide Thibault (jeune homme de 21
ans très compétent en tout domaine) pour récupérer nos équipes de 6 chiens
chacune. Le 1er contact avec les chiens est très surprenant :
c’est vraiment impressionnant d’aller chercher les chiens un par un dans leur
niche parmi 100 autres chiens qui voudraient aussi partir en raid et nous le
font savoir en aboyant…
Une fois les chiens chargés dans la remorque, nous voici en
route vers la réserve faunique de Papineau-Labelle, où nous allons passer les 6
jours.
La préparation des traineaux est haute en couleur : il
faut atteler les chiens un à un après leur avoir mis le harnais et le faire le
plus rapidement possible pour qu’il n’y ait pas de bagarre entre les chiens.
Une fois qu’on est partis, tout est plus simple : il suffit de dire
« Hip » pour avancer et « Stop » pour s’arrêter. Bon ok,
dans les faits, si les chiens ont décidé de ne plus avancer, tu n’as qu’à
descendre de ton traineau et pousser ; et de même pour s’arrêter, s’ils ne
veulent pas, il faut mettre tout son poids sur le frein et espérer qu’ils vont
comprendre le message (en général, ça se passait plutôt bien !).
Après chaque belle journée passée en plein air, nous avions
bien mérité le confort du gîte ; même sans eau courante (nous allions la
chercher à la rivière ou dans le lac, après avoir fait un trou dans la glace,
bien sûr), la chaleur du poêle était toujours un réconfort. Mais le boulot ne
s’arrêtait pas à l’arrivée au refuge : après avoir installé les chaînes
pour les chiens, il faut les dételer et les y attacher pour la nuit, aller
couper du bois pour faire le feu dans le refuge, aller couper la viande
congelée et faire bouillir de l’eau (environ 50L) pour préparer la soupe pour
nourrir nos chiens et après cela, on peut enfin penser à faire à notre tour
notre soupe du soir !
Tous les midis, nous nous arrêtions sur les pistes pour
faire notre feu sur la neige : une équipe partait à la recherche des
écorces de boulot (notre papier journal naturel), une autre s’occupait de
couper le bois (nous prenions des bûches au refuge le matin) et de préparer le
feu, et la dernière de fabriquer le support pour poser la grille du BBQ. Je
félicite d’ailleurs Florent qui a passé son niveau 2 de baroudeur en forêt (notamment
pour la coupe des bûches en allumettes) sous les applaudissements de toute
l’équipe ! ;o)
Bien sûr, nous avons aussi eu le droit à de l’action au
cours de ce raid : entre les lâchés de traineau dont Bernard était devenu
le spécialiste ; le spectaculaire saut de traineau que je n’ai pas eu la chance
de voir (toujours par Bernard - bon ok, j’aurais fait le même si Thibault
n’était pas venu me rattraper) ; Mireille qui semblait prendre du plaisir
à rentrer dans les arbres (surtout le soir de la nocturne, en pleine
forêt) ; Thibault qui essayait de venir nous aider derrière et ses chiens
qui arrivaient à partir malgré l’ancre enfoncée dans la neige (il se retrouvait
donc à courir après ses chiens) ; Florent qui essayait des figures de
James Bond sur son traineau ; et Gilbert qui essayait de maîtriser ses
chiens avec des « C’est fini maintenant, c’est moi le chef ici » qui
ne semblait pas convaincre les principaux intéressés ; en fait il n’y
avait que moi qui restait à peu près tranquille ;o)
Samedi, nous avons repris la route pour Québec ville (toujours
sous cette « merde blanche » comme ils l’appellent par ici à la fin
de l’hiver et au grand désespoir de Mireille). Après visite de la ville
dimanche, Florent et moi nous sommes lancés à la recherche de notre nouveau
job. Et pour Florent, c’est tout gagné : il a commencé ce matin en tant
que plongeur/aide cuisinier dans un restaurant français. Quant à moi, j’ai
réussi mon principal boulot : faire travailler Florent et passer mon temps
à la bibliothèque pour vous écrire ce petit roman…
Cool, on a retrouvé notre PC, mais, pour les dernières nouvelles, il va falloir attendre encore quelques jours, mais ne vous inquiétez pas, tout roule pour nous. En attendant, voici quelques vidéos que nous tenions à mettre en ligne.
En espérant que les intéressés en seront ravis : Joyeux anniversaires à nos Papas et à JPetto !
Oui, oui, oui, force est de reconnaître que nous n'avons pas
été des plus performants ces derniers temps sur le blog : le dernier message
date effectivement d'il y a près de 3 semaines. Et d'ailleurs, je crois bien
qu'il en était de même pour les messages précédents... Mais non, désolé, pas de
résolution 2008 à ce propos, pas de promesse du type "En 2008, vous pouvez
compter sur nous, ce sera 1 message par jour voire 2, promis !" On en
serait bien incapables : entre les sorties bière, balades nocturnes et autres
soirées TV, notre agenda du soir est si vite plein :)
Mais que s'est-il donc passé ici ou ailleurs ces dernières
semaines ?.. Récapitulons :
1) un heureux événement ... en France, en terre bretonne
pour être précis
2) une séance photos à Glacier Creek
3) une randonnée au Rainbow Lake
4) la mise en place de l'étape suivante de notre voyage
En number 1), effectivement, la venue au monde d'une
nouvelle petite monfortaise -Ille et Vilaine- le 18 janvier dernier. Camille,
sache que Patrick F. et Gilles G. te souhaitent la bienvenue et félicitent
chaleureusement tes parents ! :)
Pour le 2), je suis sûr que photos et commentaires parlent
d'eux-mêmes. Comme dirait Maxwell "Pas la peine d'en rajouter" :)
Le numéro 3) date de pas plus tard qu'aujourd'hui, mercredi
23/01. Loin de la cohue de la station, de ses pistes et remonte-pentes. Quel
plaisir de se retrouver dans cette nature blanche, à perte de vue... Aucune
route, presque aucune signalisation, de moins en moins de traces au fur et à
mesure que l'on monte... Pour arriver jusqu'à ce fameux lac à 1450m
d'altitude... ravagé par les dizaines de motoneige qui sont passées depuis les
dernières chutes de neige !!... On a eu de la chance, nous n'en avons croisés
que 2... Mais c'est sûr, le WE, ils doivent être plusieurs dizaines à se
"tirer la bourre" dans cet espace immense, truffé de bosses et de
poudre vierge (oui, c'est tellement grand qu'il en reste toujours un peu), à
faire rugir leur énorme engin de je ne sais combien de centaines de chevaux...
Ca casse quelque peu le charme de ces incroyables espaces. Attention, je me
dois de relativiser quand même un peu : l'endroit reste cependant splendide et
comme je le disais, c'est tellement grand qu'au final, tout le monde,
randonneurs et $^^$*¨¨¨de gros flemmards motorisés à la $%^^$°° y trouvent leur
plaisir. C'est promis, sur les photos, on n'a pas eu besoin de cadrer au plus
juste pour éviter les motos ni d'attendre des heures afin d'avoir une vue
vierge et sauvage :)
En 4), en effet, nous avons quelque peu avancé en ce qui
concerne l'étape suivante de notre aventure : nous savons à présent que nous
allons dire au revoir à Whistler le 6 février prochain. La séparation risque
d'être dure tant nous prenons du plaisir chaque jour ici mais elle est
nécessaire : il nous reste encore pas mal de choses au programme et le temps
qu'il nous reste s'amenuise si vite. J'en viens aux faits : départ le 6 février
pour Vancouver. Le 7, en bus Greyhound pour Seattle (USA, état de Washington,
si jamais ces messieurs veulent bien de nous sur leur territoire). Le 8 en
avion pour ... San Francisco. De là, près de 3 semaines qu'il nous reste à
planifier, à voyager entre Los Angeles, Las Vegas, Vallée de la Mort, Grand Canyon et
quelques parcs nationaux étatsuniens apparemment à ne pas rater. On en saura
certainement plus d'ici le prochain message !
En attendant, on vous dit à bientôt à tous et attendons
encore avec impatience tous vos commentaires et messages en tout genre ! :)
Comme disait Bocco dans un de ses commentaires (dont nous ne nous lassons
jamais d’ailleurs) : 2007 était l’année du départ et des au-revoir, 2008
est l’année du retour et des retrouvailles ! Youpi, car j’ai hâte de tous
vous revoir ;o)
Non, ne vous inquiétez pas, nous n’avons pas le temps de déprimer ici :
nous profitons pleinement de notre séjour et ne voyons même pas les jours
passer…
Les 2 dernières semaines ont effectivement été bien remplies. Au travail,
nous n’avions même plus une minute pour aller aux toilettes dans la journée…
dur dur le travail de barista ! C’est sûr qu’avec 25 000 personnes
sur l’ensemble du domaine skiable et de la neige qui n’arrête pas de tomber, ça
fait du monde à venir se réchauffer autour d’un bon chocolat chaud (souvent
amélioré d’ailleurs !). Et puis après le boulot, entre les multiples
soirées Noël/Nouvel an, nous essayons de récupérer entre 2 quintes de toux.
Bon, depuis 2 jours nous nous couchons un peu plus tôt et ça va mieux
maintenant : Florent retrouve le goût des aliments et moi, ça fait 2 jours
que je ne me dope plus à l’ibuprofène ;o)
Bon, c’est vrai qu’on n’était pas très en forme, mais nous avons tout de
même su profiter du nouvel an et de nos 2 jours off.
Le 31 au soir, nous avons organisé un petit apéro dinatoire – comme on
pourrait dire dans le jargon parisien – avec 5 de nos collègues de Glacier
Creek. Parmi Helen&Matt nos anglais, Ariane notre allemande, Leigh notre
Canadienne d’Ontario et Klaus notre autrichien, tous ont apprécié les canapés
au foie gras ainsi que les crêpes bretonnes agrémentées de Nutella !
Ensuite, nous sommes partis sur Whistler Village pour une soirée karaoké
organisée par les résidences des employés… couchés à 3h du matin, levé à 6h
pour une journée bien chargée au restaurant… je peux vous dire que notre lit
nous a manqué toute la journée ;o)
Mardi soir, Geneviève et Timothée, nos 2 français rencontrés sur Vancouver,
sont arrivés à Whistler pour passer le « weekend » avec nous.
Mercredi, nous sommes donc allés faire une petite balade en raquette, mais sans
Timothée qui malheureusement était cloué au lit avec 39° de fièvre (sympa le 2ème
jour de l’année 2008 !). Nous sommes retournés explorer les sentiers du
Lost Lake, où nous étions déjà allés en octobre. Et bien figurez-vous que le
Lost Lake est définitivement perdu ;o) Pas si facile de s’y reconnaître
avec tant de neige ! Sans le panneau indiquant le lac, on croirait qu’il
ne s’agit que d’un champ recouvert de neige !
Jeudi, nous avons pratiqué le ski dans la poudreuse… et je dirai tout
simplement que même si j’ai besoin d’anticiper mes virages avant de me lancer
(c’est ça le problème d’être une fille : on ne peut pas déconnecter
complètement le cerveau), moi au moins, je ne tombe pas sur du plat, dans la
poudreuse, en déchaussant les 2 skis, n’est-ce pas Florent ;o) Ceci dit,
il faudra aussi que je filme Flo un de ces 4 sur ces skis car il se débrouille
plutôt pas mal pour quelqu’un qui a débranché son cerveau !
Depuis, voici déjà 2 jours que nous avons repris le chemin du travail. Et
même s’il faut se lever à 6h du matin pour aller se geler sur 2 télésièges
pendant 15min (et même plus quand il y a beaucoup de vent ou quand on ne sait
pourquoi, ils arrêtent la remontée pendant 20 minutes avec nous dessus…), nous
prenons toujours autant de plaisir à aller au boulot avec des gens très
sympas !
Florent se joint à moi pour vous souhaiter une excellente année 2008, plein
de bonheur et surtout une bonne santé : n’abusez pas trop mais profitez à
fond (ça, c’est le conseil de Mamie Laure ;o)
On nous promettait tant de neige avant de venir ici... Elle a mis plus
de temps que l'année dernière à arriver mais ça y est, on a commencé à voir
tomber les mètres de neige jour après jour. 173cm de hauteur de neige en cumulé
depuis le début de la saison, c'est plutôt pas mal pour une fin décembre... Et
sur les pistes comme en dehors, on commence à pouvoir en profiter ...
pleinement ! Alors attention, je vous rassure tout de suite, je parle de
"en dehors des pistes" mais ce n'est pas à proprement parler du hors
piste dans la mesure où ici il n'est pas interdit d'aller flirter avec la
poudre au-delà des pistes damées : pour preuve, ils ne vous parlent pas de
kilomètres de pistes ouvertes, mais d'une surface en hectares de domaine
skiable ouvert ! Autant vous dire donc qu'il y a largement de quoi se faire
plaisir en toute sécurité sur ce grand domaine qui fourmille de formidables
recoins remplis de "peuf" ! Quelques photos associées à ce message en
témoignent ! :) Dans tout ça, j'ai bien l'impression -ou en tout cas j'espère
très fortement- qu'on progresse bien dans la poudreuse. On alterne passages
trafolés (déjà empruntés par plusieurs skieurs ou surfeurs) et virées un peu
plus sauvages dans de la neige vierge au beau milieu de milliers de sapins (à
l'origine des milliers de questions que se pose Marie-Laure pour ses virages,
cf la vidéo :)) ). Au fait, vous noterez notre remarquable effort en termes de
sécurité : l'achat d'un casque pour chacun d'entre nous :)
Evidemment, nous ne faisons pas que skier. Oui, oui, nous travaillons
aussi, mais ce n'est pas là que je veux en venir... (eh ouais, le pass pour les
remontées mécaniques, il est gratuit, mais seulement tant qu'on bosse pour eux
!!). Allons, réfléchissez un peu ! En ces périodes de fêtes ... Eh bien, nous
aussi on fait la fête ! Enfin, on essaye : pas facile quand même ces fêtes de
fin d'année sans être en famille. Il n'y a pas à dire, c'est pas pareil !
Heureusement, on trouve des moyens pour presque s'y croire : mardi matin
dernier, à 5h, vidéo conf avec nos familles, en plein repas de Noël,
disons même en sortie d'apéro pour être précis. Forcément, c'était le moment ou
jamais d'ouvrir l'énorme colis de 7kg reçu quelques jours plus tôt :) Si ça
c'est pas singulier comme situation ! On devrait pas manquer de s’en
rappeler à Noël prochain lorsqu’on déballera les cadeaux « en vrai »
certainement cette fois-là ! Je reviens au colis de Papa et Maman Le
Lain : un petit bout de Bretagne et un autre de France expédiés tout droit
au Canada !! Une douzaine de crêpes (+2 gratuites !!) de froment
faites main, un gâteau breton de Mamie (près de 82 ans d’expérience concentrés
dans un gâteau, je n’arriverais même pas à trouver les mots pour vous décrire
son goût inimitable !), des blocs de fois gras, un confit de canard, 1
boîte de chocolat (Jeff de Bruges s’il vous plaît !), 2 pots de nutella
(en verre, vous savez, les vrais, ce que l’on ne trouve pas au Canada où ils ne
sont qu’en plastique et où ils n’ont pas le même goût qu’en France…)… Depuis
mardi dernier, au final, c’est comme si on était un petit peu tous les
jours à la maison : au goûter avec les crêpes Nutella et le gâteau breton,
le soir autour d’une tisane avec quelques petits chocolats … et très bientôt
lors d’un bon gueuleton avec du foie gras et le confit :)
Ah oui, j’allais oublier, une grande première : mon premier match de
hockey sur glace ! Oui « mon » et pas « notre » parce
que nous n’avons pas eu la chance d’obtenir 2 places lorsque nous sommes allés
en acheter à notre CE. Ils n’avaient que 20 places et Marie&moi étions les
20ème et 21ème… En tout cas, j’encourage Marie à y aller
au moins une fois (notre CE va reproposer ce genre d’offre) car c’est quand
même pas rien de se retrouver dans les gradins de cette gigantesque « patinoire »
de Downtown Vancouver à regarder 10 gars poursuivre un petit palet ou, de temps
à autre, se mettre sur la figure sous les yeux amusés du public et … des
arbitres ! Apparemment, les bagarres font partie intégrante du jeu
ici :) Quoi qu’il en soit, « on » a gagné : les Canucks de
Vancouver ont mis 5 à 3 au Flames de Calgary. Pas déçu du voyage donc :) D'autant plus que j'ai peut-être trouvé mon futur sport en club de retour en France... Affaire à suivre :)
Et oui, le temps passe tellement
vite ici (je pense qu’il y a un truc avec l’altitude !) qu’on ne vous a
pas donné de nouvelles depuis plus de 2 semaines déjà… Ben alors, qu’est-ce
qu’ils bouennent nos Jeglains ?!? Et ben à cette question, je répondrai
simplement : ski, boulot, dodo !
Nous commençons à prendre nos
marques dans notre restaurant, le « Glacier Creek », où nous
travaillons désormais à temps plein. Pour vous donner une idée, voici un petit
topo d’une journée normale de travail dans ce restaurant d’altitude.
Debout 6h15, pour attraper le bus
de 6h44 qui passe en bas de notre résidence. Chaussures de ski aux pieds, skis
sur l’épaule et bâtons aux mains, nous tâchons de ne pas déraper en courant
vers le bus ;o) Les bus n’étant pas toujours équipés de porte skis à
l’extérieur, pas toujours facile de manger notre bagel en évitant de taper
malencontreusement les gens à côté de nous ! Après 20 minutes de balade en
bus dans les alentours de Whistler, il nous faut encore 5 bonnes minutes de
marche pour rejoindre le point de rendez-vous avec notre team [équipe]. 7h15,
tout le monde embarque sur le 1er télésiège, ouvert spécialement
pour le staff [personnel] de la station puis enchaîne sur un 2ème,
pour arriver à 1850m d’altitude. Et c’est là que ça devient sympa : pour
rejoindre le restaurant, nous avons une petite descente très sympathique,
surtout lorsqu’il a neigé toute la nuit… c’est souvent la guerre pour être le 1er
à faire sa trace ;o) Mais les 1ers en bas sont aussi les 1ers à devoir
disposer les portes skis devant le restaurant… et ça pèse quand-même super
lourd !
Si après ça, on n’est toujours pas
réveillé, retourner au chaud, et se changer en 4ème vitesse pour
être sûr de pointer avant 8h (en tout cas, pas après) permet de se mettre en
condition pour une journée de travail qui commence tout juste. Et oui, car nous
ne sommes payés qu’à partir de 8h… ah là là, cette société capitaliste !
Officiellement, le restaurant
n’ouvre qu’à 9h, ce qui nous laisse le temps de tout mettre en place avant les
1ers clients, même si dans les faits, nos lifties [personnel des remontées
mécaniques] du coin aiment bien venir prendre un café bien chaud avant leur
journée de travail.
De leur côté, Florent et son équipe
en profitent pour passer l’aspirateur dans plus de 200m² et descendre ensuite
toutes les chaises des tables… boulot très fastidieux car en général,
l’aspirateur n’aspire pas grand-chose et les chaises pèsent plus de 10kgs
chacune ! Et je sais de quoi je parle car certains jours, je fais partie
de l’équipe de Flo. Comme le demandait notre manager, Sheila :
« alors, ça fait quoi de travailler pour son homme ? » et comme
je réponds : « il suffit de lui faire croire qu’on fait ce qu’il dit,
tout en s’autogérant en fait ! ».
La journée commence à devenir
chargée à partir de 11h, et souvent jusqu’à 14h. Les pauses de
« midi » se font donc avant 10h30 ou après 14h… mais on arrive
toujours à avoir faim quand on part en pause, d’autant plus que nous avons le
droit à un repas offert, dans la limite de 12$ hors taxes. Entre plats
asiatiques, omelettes, sandwiches de toutes sortes, pastas, cookies, muffins ou
cinnamon rolls (trop bons ceux-là), on se nourrit plutôt bien.
Je passe donc ma journée à préparer
toutes sortes de boissons chaudes, demandant « Hi there, what can I get
for you today ? », et gérer la caisse, avec ma collègue du
jour : Jessica de Vancouver, AnneLiese d’Australie ou Sophie de Grande
Bretagne.
De son côté, Florent devient un pro
en débarrassage de table (dommage qu’il ne passe pas le Noël avec vous,
n’est-ce pas !)… souvent, ses t-shirt et pantalon s’en souviennent à la
fin de la journée ;o)
Toutes les caisses ferment à 15h.
Le temps de renvoyer tous les clients chez eux, mettre toutes les chaises sur
les tables et fermer le cappucino bar, nous sommes parés pour la descente autour
de 16h. Maintenant qu’il y a assez de neige (et pour cause, il neige jour et
nuit depuis une semaine), nous pouvons descendre jusqu’à l’arrêt de bus en ski,
c’est vraiment super : plus de 15min de glisse ! Et de temps en
temps, nous faisons une escale par le bar « Le Merlins », quand nos
managers nous convient tous à une soirée spontanée de bière gratuite !
Pour l’instant, nous nous plaisons
donc plutôt bien : l’un comme l’autre nous épanouissons dans notre travail
- bon d’accord, le mot est un peu fort, disons plutôt que l’ambiance est
vraiment très sympa, et que nous rencontrons des gens vraiment très biens.
D’ailleurs, demain, Florent va
rider la peuf avec Klaus (Santa Klaus pour l’occasion), notre buddy [pote] autrichien.
Et pour moi, je vais vivre la journée décrite ci-dessus ;o)
Et au fait, concernant le ménage
(étant donné l’intérêt que ça a suscité dans notre précédent message !
hum ! hum !), Florent a définitivement abandonné… il préfère se
consacrer au ménage à la maison ! Quant à moi, je me garde 1 jour par
semaine à travailler pour ADR, afin de réussir à travailler environ 40h par
semaine. Enfin, faire du ménage a du bon : hier, je suis revenue avec une
bière, une bouteille de vin rouge et 10$ (tout cela laissé par les précédents
locataires) !! Awesome [leur « génial ! » employé à chaque
phrase] !
A bientôt à vous tous et surtout,
pensez à nous quand vous mangerez votre bon repas de Noël, ainsi que tous les
chocolats… et si vous en avez trop, je pense que ça peut se conserver jusqu’en
août 2008, non ?
Enfin, je ne devrais pas me
plaindre car nous venons de recevoir un colis énorme de la famille Le Lain, et
ça m’a l’air plein de bonnes choses… mais Florent est très sévère :
interdiction de l’ouvrir avant Noël… en même temps, il est parti prendre un
bain alors p’tet que j’peux m’permettre ?!? ;o)
Joyeuses fêtes de fin d’année à
tous et surtout, pas trop d’abus !